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Politique

L’enterrement de Bokamba Yangouma ce matin à Brazzaville

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L’ancien syndicaliste Jean Michel Bokamba-Yangouma, décédé dans la soirée du 23 juin à Brazzaville des suites de Covid-19, sera inhumé dans la matinée de ce mercredi, conformément au protocole sanitaire, a indiqué à Vox Bienvenu Bikouta, porte-parole des partis du Centre dont le Bokamba-Yangouma était président. La mise en terre aura lieu au cimetière du centre-ville.

Plusieurs fois annoncée et démentie sur les réseaux sociaux, car la famille ni aucune autorité n’avait confirmé la nouvelle, la mort de Jean Michel Bokamba-Yangouma est restée une confusion dans la soirée de mardi. A son domicile du Plateau des 15 ans, les pleurs avaient vite cessé, étonnant plus d’un voisin. Or, c’est à ce moment que la famille s’est rendue au CHU pour préparer les obsèques rapides et dans l’intimité, tel que l’exige le protocole sanitaire sur la Covid-19.

L’ancien secrétaire général de la Confédération syndicale congolaise (CSC), le plus vieux syndicat du pays, n’était pas en bonne santé depuis quelques semaines, selon les membres de son parti qui n’ont pas pu le rencontrer, malgré les multiples visites ces derniers jours. Finalement, il a d’abord été admis dans une clinique privée de la place avant d’être transféré en urgence au CHU, lorsque le diagnostic de la covid-19 a été posé.

Il y a quelques années, Jean Michel Bokamba-Yangouma avait déjà été victime d’un Accident vasculaire cérébral (AVC). Il était en instance de départ pour le contrôle auprès de son médecin en France. Ses proches espéraient ainsi l’intervention des autorités pour lui affréter un avion médicalisé, après avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires, car les frontières internationales restent fermées. Mais sa santé s’est très rapidement dégringolée le week-end dernier.

Bokamba-Yangouma est connu comme grand syndicaliste au Congo. Entre 1974 et 1991, il a milité pour les intérêts des travailleurs au sein de la CSC, le mouvement syndical adossé à l’ex-parti unique, le PCT dont il également membre du bureau politique. Selon plusieurs observateurs de la vie politique du Congo, Jean Michel Bokamba-Yangouma est l’un des pères de la conférence nationale souveraine qui a mis fin au centralisme monopartite des années rouges du Marxisme appliqué au Congo depuis les années 1970.

Entre 1989 et début 1991, la CSC a été à l’origine d’une cascade de grèves dans la plupart des secteurs de l’économie nationale. Le pays a été paralysé. Sur la table de négociations avec le gouvernement, Jean Michel Bokamba-Yangouma avait certes placé les intérêts matériels des travailleurs, mais en premier lieu, il réclamait la tenue d’une conférence nationale.

Bakamba-Yangouma crée ensuite son propre parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) avant d’être élu, lors des élections générales de 1992, député de Mossaka dans la Cuvette. Allié du président Pascal Lissouba, il a ensuite été élu vice-président de l’Assemblée nationale dans ces temps chauds de la démocratie. Après la guerre de 1997, l’ancien syndicaliste qui avait fui la capitale est revenu sous la peau d’un pasteur. Il crée alors en 2004 le Mouvement général des chrétiens du Congo (MGCC).

Son parti ne se conformait pas avec certaines dispositions de la Constitution du 20 janvier 2002 et ne remplissait pas les critères de la loi sur les partis politiques. Il y avait en effet un mélange de politique et de religion. Il fallait, comme il l’avait été demandé au pasteur Ntumi dans le Pool, choisir entre l’Eglise et la politique. Jean Michel Bokamba-Yangouma transforme alors son parti en Mouvement général pour construction du Congo (toujours le MGCC), et s’affiche aux côtés du président Denis Sassou N’Guesso comme allié pendant la présidentielle de 2009.

Le vieux syndicaliste n’a plus occupé de hautes fonctions, malgré son rapprochement au chef de l’Etat, en le soutenant dans le changement de constitution en 2015, puis à l’élection présidentielle en 2016. Jean Michel Bokamba-Yangouma avait choisi de s’exprimer comme troisième voix politique, celle du centre dont il a été président de la plateforme jusqu’à sa mort.

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